Quoi de plus agréable qu'une balade urbaine en taxi, bercé par le ronron d'un moteur inconnu à la découverte d'une ville inexplorée, gigantesque, et plus que tout péruvienne ? Se baigner dans un bassin infesté de pirhanas pourrait être une réponse acceptable. Parce qu'ici balade urbaine signifie fast and furious. Quant au moteur si vous l'entendez ronronnez, c'est que vous êtes sous cocaïne.
Non, ici le moteur ne ronronne pas, il vrombit comme un quatre tonnes au galop qui démarrerait en cinquième. Il faut dire qu'il faut un paquet d'énergie pour dominer les avenues pleines de bosses que les habitants de Sim City ils seraient déjà dans la rue en train de se plaindre du responsable de la voirie. Ici ça n'arrive pas puisqu'il n'y a manifestement pas de responsable ou qu'il exerce depuis une cellule, sa dernière résidence connue depuis sa mise en examen pour corruption. Donc de l'énergie il en faut, et de l'énergie les voitures en ont. Grace à une politique efficace ne se préoccupant pas des points de détail comme le contrôle technique, les Péruviens ont su développer une circulation éminemment démocratique, puisque les Coccinelles des années 60 (environ un bon tiers des voitures) côtoient de vieilles Chevrolet et des Cadillacs auxquelles les roues manquent (ce qui ne les empeche absolument pas de faire la course avec les autres). En plus, personne ne risque de les voler puisque leurs alarmes se déclenchent automatiquement au moindre faux contact (c'est à dire tout le temps), et que les alarmes ici c'est quelque chose. En fait on dirait que le propriétaire de la voiture est en train de chosir sa sonnerie personnalisée sauf que non. On passe par toutes les étapes : le toulouloulou jusque rrrrrrrrrrriiiiiiiiiiiiiinnng, et bien sur le loouuuuu looouuuuuuuu loouuuuuuuuu, enfin vous voyez ce que je veux dire.
Peut-être que non en fait, j'essaierai d'enregistrer ça.
Pour orchestrer le tout, le gouvernement a pris un pari audacieux en faisant le choix de se passer de code de la route. Enfin ce n'est pas tout à fait exact ; il existe un code de la route au Pérou, mais très différent du notre, puisqu'il ne semble pas placer les feux et les stops en rang de priorité, et que les ronds points locaux peuvent tout à fait se prendre par la gauche pour dépasser les couillons qui le prennent à droite. Parfois les policiers râlent un peu, cela va de soi, mais 20 soles suffisent à ce que ces erreurs de jeunesse soient oubliées. Ou au pire, il n'est pas rare de voir des flics coursés dans la rue par de vieilles Coccinelles ayant envie de manger du poulet.
La sécurité n'est pas négligée pour autant. Lancé l'autre jour à plus de 80 à l'heure en ville sur le bord des falaises, j'entendais dans le taxi un flash info faisant état de plus de trente personnes mortes dans un accident de la route lié à une vitesse excessive. Je fus donc rassuré de voir que mon chauffeur portait fièrement sa ceinture de sécurité. Quant à la mienne, elle était malheureusement coincée derrière le siège. Pour 5 soles, on ne discute pas.
Il existe toutefois une alternative aux sempiternels taxis. Les combis ont tout pour plaire. Imaginez les mini bus Volsvagen des années 70 le côté psychédélique en moins, les vierges Marie en plus. Donc ces trucs là lancés à toute berzingue et ne s'arrêtant pour personnes et certainement pas pour les piétons, font des queues de poisson démentes à tout le monde pour se garer à la Blues Brothers près des trottoirs. Sauf qu'à Lima, pas d'arrêt de bus. Non, n'importe quel mec appelle le bus depuis la rue et hop il intègre l'aventure. Ca veut dire aussi que le type qui prend l'argent -et qui n'est pas le chauffeur- fera tout ce qu'il peut pour ramener le maximum de monde malgré le nombre limité de places, exhortant toute la rue à monter, et insultant ses collègues des autres combis quand ils lui piquent un client. Pour descendre rebelote laisse moi là et vas-y que je te largue sans vraiment m'arrêter. Ca c'est une expériece inoubliable.
Et en plus de ça, taxis et combis sont soumis à une mafia hyper inquiétante que t'en dors pas la nuit. Je vous raconterai les histoires arrivées au frère du copain d'une cousine éloignée et qui foutent bien les boules dans la pièce à conviction numéro 4.
Mwaahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha !!!!! Le RESPECT !! Mwhahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha !!! Mme PAULO !! Mwhahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha
j'espère que tu verras un jour un badauw se faire sniper par les ninjas des miradors autour du chantier naval militaire. plus belle la vie!