“Tu verras, il y a pas mal de tremblements de terre au Pérou, mais moi ca ne m’affecte pas” m’avait avisé un ami atteint du syndrome de Parkinson, peu avant mon départ. Du coup, quand le sol s’est mis à bouger dans des proportions suffisantes pour que je me rende compte que ce n’était pas là l’oeuvre de la machine à laver, je ne me suis pas inquiété. J’ai même été franchement hilare quand la télévision péruvienne, dont je parlerai plus largement dans une ou deux pièces à conviction, a commencé à nous jouer le coup du séisme de force 7. Ils devaient bien s'emmerder pour avoir besoin de grossir le trait à ce point. En gros voilà le récit des evenements de cette folle soirée.
18h17
(je préfère preciser que les heures indiquées sont purement fictives, et placées à dessein pour donner un peu de fièvre à ce recit jugé plan plan par trois maisons d’édition successives dont les célèbres presses du lama) :
Je suis sur mon ordinateur quand soudain : LA TERRE TREMBLE.
18h18 : Je suis toujours sur mon ordinateur en train de dire “Ah la terre tremble c’est rigolo”
18h18 : Je sors voir pourquoi les gens crient
18h19 : Je suis dehors, et les tremblements referment la porte sur mon doigt. Egratinure. Blessure de guerre.
18h20 : La terre ne tremble plus mais toute la population si.
18h22 : Je sirote un Pisco tout en me moquant des chiffres alarmistes de la télé.
19h00 : Je vois les images de Pisco et me sens un peu mal. Je commande néanmoins un deuxième Pisco.
L’occidental patenté que je suis a toutefois fini par retrouver son sens moral, égaré dans quelque poubelle en compagnie de sa dignité et de son piège a filles qui fait crac boum hue. Je suis donc parti faire de l’humanitaire, nouvelle religion de notre temps, et j'en ai même tiré une certaine satisfaction, partagée j’espère au moins vaguement par les populations secourues.
Le rendez-vous, fixé à 7h du matin par Vasco, un peruvien méritant, a finalement officieusement été reporté a 11h. En fait cette information est erronée. Le rendez-vous, fixé le jeudi soir vers 8h a finalement été
officiellement reporté au lendemain matin, puis au lendemain soir, pour finalement echouer en cette belle matinée samedinale –ou devrais-je dire ce beau début d’apres midi. Apres avoir chargé une tonne d’eau et de quoi construire deux maisons dans un camion gros comme Guy Carlier, ainsi que des sacs de riz et de pâtes a faire saliver ce même Guy Carlier, nous avons décidé de jouer au Twister dans un mini bus où des contorsions multiples nous ont fait rentrer a 12.
Arrivé sur place après trois heures de route, et passant par un paysage de desert assez incroyable –pour une fois que je dis quelque chose de positif, me direz-vous- nous avons eu droit à ce qui se nomme ici une paracas (la bien nommée puisque la ville oú nous nous trouvions s’appelle elle-même Paracas) c’est a dire une tempête de sable digne des duels au pistolet hollywoodiens, le ciel jaune en plus. Comme accueil folklorique, on avait vu mieux (je pense notamment aux démonstrations de danse typique caractéristiques des jeudis après midi à la fac, mais ça c'est une autre histoire). Là-bas, après etre passés devant toute la misère humaine possible de gens qui n’ont pas vu une goutte d’eau depuis Matthieu Salem (un pote de 4ème A) et dont les Limeniens se foutent eperduement –normal ce sont des indigenes et des ploucs je veux dire- nous nous sommes mis en quête de la personne pour qui nous étions venus construire une maison –enfin Vasco se mit en quête parce que nous autres ne comprenions rien, et on commençait a s’echauffer un peu. Sans succès. Le soir en dormant dans le jardin d’un hotel ayant obtenu 4 étoiles au crash test euro’n cap, nous pensions ne jamais construire les maisons. Et nous avions raison, car si au final les deux maisons ont bien été construites, ce n’est pas grace à notre sens aigu de l’architecture IKEA, mais tout au plus grâce à l’intervention divine de deux ouvriers qui connaissaient leur boulot un minimum. Bon on a quand même chargé, dechargé, rechargé, dechargé, chargé, et déchargé. Notre presence n’aura pas été vaine. La premiere maison a été construite quasi sur le bord de mer, en haut d’une falaise, pour une famille avec un petit enfant qui s’appelle Jefferson (prononcez Referson), et qui depuis une semaine vivait dans une sorte de Bunker amovible qu’Hitler n’aurait pas renié sur sa fin de vie. Les gens étaient vraiment adorables et on a mangé des coquilles Saint-Jacques fraîches préparees au micro ondes –en fait un pot en terre cuite tout a fait ingenieux. On a aussi eu droit à un petit tour en voiture pourrie, dans un chariot accroché a l’arriere, vrombissant sur des dunes de sable, tout ça pour deplacer le materiel. Disneyland Pisco.
Quant à la deuxième maison, on l’a montée dans une communauté un peu isolée. Il y avait tellement d’enfants là-bas que je soupconne les habitants d’être responsable de la quasi-totalité des rapts d’enfants perpetués sur cette planète depuis 34 ans. On a vu toutes les maisons detruites, c'était pas rigolo rigolo, puis les enfants se sont chargés de nous detruire les homoplates –¡nueva vez la vuelta por favooooooooor Thomas!. On a ensuite distribué l’eau restante à differentes personnes a Pisco, puis retour a la case départ, Lima, en vue d’un cours le lendemain a 9h.
Du pisco a Pisco il n’y a qu’un peu de bonne conscience. Apres ces aventures tres mouvementés (C’est le cas de le dire, ¿n’est-ce-pas Philippe Bouvard?) je vous parlerai dans un prochain billet qui se fera moins attendre, de notre belle et grande université.
Tes chroniques sont un régal.
Au plaisir de lire la prochaine.
Bien à toi.
Tes chroniques sont un régal.
Au plaisir de lire la prochaine.
Bien à toi.
Oups, j'ai posté deux fois... désolé