La Catolica (prononcez catolica) est une sorte de parc d'attractions énorme pour garçons et filles propres sur eux, les gens sous-payés déguisés en Mickey et te forçant à être de bonne humeur en moins. Tout y est ; les pelouses, comme dans les teenage movies américains, les animaux en liberté (le dépliant présentant la fac contenait un dossier spécial en page trois sur toutes les espèces présentes dans l'université, et autant vous dire que j'ai été plutôt heureux de ne pas y voir de tigres -gentils- ni de condors pour faire local), et les attractions (certaines péruviennes mignonnes, et globalement tous les étudiants portant un appareil dentaire de type casque). Mais la Catolica c'est avant tout un style de vie. Un individu mal intentionné m'a ainsi averti :
« Les étudiants riches et bons en classe vont à la Catolica, et les étudiants riches et nuls à la Catolica, mais ils paient plus cher ».
C'est évidemment faux, et le fait que 99% des étudiants soient blancs -100% pour ce qui est des professeurs- et habitent dans les quartiers riches n'est pas une preuve du contraire. Prenez Andrea, par exemple, une fille adorable s'il en est, accueillante comme personne sur terre. Ce n'est certainement pas parce qu'elle possède un home cinema de la taille d'un écran de multiplex qu'il faut en déduire qu'elle est riche. Quant à la maison énorme à Huarras dont elle est propriétaire, on peut s'imaginer qu'il ne s'agit en réalité que d'un cabanon délabré.
La Catolica c'est également une équipe souriante et chaleureuse. Quand je m'en fus voir la responsable des échanges internationaux pour l'avertir que des circonstances plutôt du genre pas marrantes allaient peut-être me forcer à repasser par la case France sans toucher le moindre petit kopec et à ainsi rater une ou deux semaines de cours, c'est avec un certain talent pour l'imitation de Robocop qu'elle m'a dit qu'il n'y avait pas de problème si je pouvais rattraper après.
Mais qu'à cela ne tienne, la fac est plutôt cool. Par exemple, le jeudi après-midi est dédié aux activités culturelles. La première fois on a pu admirer un spectacle franchement culturel de filles plutôt sexy dansant sur de la musique afro cubaine en bikini. Puis la dernière fois, je suis resté sans voix devant la demonstration de capoeira approximative qui s'est sans doute terminée aux urgences pour les sportifs et dans des hôpitaux psychatriques pour certains membres du public.
La Catolica c'est aussi ce type à l'entrée qui me connaît et à qui je serre la main, passant ainsi pour un revendeur de drogue, ou au moins pour un fils de nazi protégé par le gouvernement. Allez savoir pourquoi des types en imper et portant des lunettes de soleil stationnent devant chez moi en lisant des journaux troués au niveau des yeux.
Les animaux sont plutôt sympas. Les ardillas, les écureils locaux, te jouent le coup du big love en montant sur tes genoux dès que tu as un snickers -enfin un genre de snickers péruvien, mais le billet sur la nourriture péruvienne viendra bientôt- à portée de main. L'autre jour, voulant jouer mon Alain Bougrain-Dubourg, j'ai tendu une main emue vers un petit écureil qui a jugé bon de me la bouffer. J'espère qu'il s'est fait manger par une biche. Vous auriez du voir ça, la première fois que nous autres étudiants étrangers avons aperçu une biche. Bambi est un mot d'esperanto.
A la Catolica les cours pour les étudiants étrangers sont les mêmes que pour tout le monde, sauf que les étudiants étrangers les choisissent
après tout le monde. Ce qui signifie que la première semaine, j'ai reçu en moyenne un mail par jour qui m'expliquait que techniquement, ils avaient oublié de me garder une place dans la moitié de mes cours et que je devais changer. Mais il restait de la place dans le cours de patchwork si l'envie me prenait.
La Catolica s'est chargée de tout pour que nous nous sentions comme dans un cocon. Ainsi tous les étudiants péruviens s'appellent-ils pareils pour éviter les confusions. J'ai un cercle d'amis potentiels infini, et sans aucun risque de me planter sur leur nom : « Salut Juan Carlos ? Tu as vu Juan-Carlos aujourd'hui ? Il était avec David Sanchez je crois».
Mais la Catolica c'est aussi Rosa, la péruvienne plutôt jolie avec qui je prends un accent français exprès, et puis c'est aussi Julio, le mec le plus accueillant du monde qu'il préfère rater un cours plutôt que de te laisser prendre un taxi sans te négocier le prix. Et bien sûr la Catolica ce sont les moqueries incessantes sur ton accent jugé tantôt espagnol tantôt yougoslave, et bien sûr, la retour permanent à la source de toutes choses « Parlez-vous Français ? ». Ce sont les photocopieuses aux files qui rappellent Space Mountain un dimanche en Août, et où tout le monde te passe devant.
En un mot la convivialité.
Au moins avant j'avais une motivation pour rester à l'école, ma maison était une merde. Mais maintenant que j'ai changé... Au moins je vais pouvoir vous exposer à froid dans une prochaine note toute l'horreur de ma maison précédente. Préparez la musique d'angoisse vous allez tout savoir sur
ApU.
le test de résistance à l'absurde s'ouvre à l'internationalle test de résistance à l'absurde s'ouvre à l'internationalle test de résistance à l'absurde s'ouvre à l'internationalAujourd hui deux mecs déguisés en peluche géantes offraient des "abrazos gratuitos" !!Mon blog